CONCEPT DE BASE

septembre 2018

traduit de l’allemand à l’aide de DeepL.com

Les oiseaux volent, les poissons nagent, les gens pensent et apprennent. 

C’est pourquoi nous n’avons pas besoin de persuader, de séduire ou d’inciter les enfants à apprendre. Il n’est pas nécessaire que nous soyons constamment à l’écoute de leurs pensées pour nous assurer qu’ils apprennent quelque chose. Ce que nous devons faire et ce qui est suffisant, c’est de transporter autant que possible de notre monde à l’école et dans les salles de classe ; de donner aux enfants l’aide et les conseils dont ils ont besoin et qu’ils attendent de nous ; de les écouter avec respect quand ils veulent nous parler et, à part ça, de les laisser seuls. Nous pouvons leur faire confiance pour faire le reste eux-mêmes.1

Contenu

1. Idées de base         3

2. Mise en œuvre 6

2.1 Types d’apprentissage 6

2.1.1 Le jeu6

2.1.2 Formes sociales et coopératives d’apprentissage 7

2.1.3 Travail indépendant avec les ressources matérielles 7

2.1.4 Offres 7

2.1.5 Expériences en dehors du lieu d’apprentissage 8

2.1.6 Planification, réflexion et documentation des activités propres 8

2.2 Rôles des personnes concernées 9

2.2.1 Les jeunes 9

2.2.2.Compagnons d’apprentissage adultes 9

2.2.3 Parents et famille 9

2.3 Domaines d’apprentissage et environnement           10

2.3.1 Vie et société           10

2.3.2 Langues           11

2.3.3 Réflexion logique et mathématique           12

2.3.4 Sciences exactes et naturelles           12

2.3.5 Activité physique et santé           13

2.3.7 Art et musique           13

2.3.8 Médias et technologies de l’information           14

3. références           14

1. Idées de base

Tout d’abord, nous présentons quelques idées de base qui façonnent notre conception de la vie et de l’apprentissage.

  • Une focalisation unilatérale sur les capacités cognitives et l’acquisition de connaissances et une fixation méthodologique sur une médiation autoritaire (non participative), pré-structurée et souvent lourde sur le plan linguistique, sont des caractéristiques de l’école de l’ère industrielle des XIXe et XXe siècles. Dans la société des idées du XXIe siècle, influencée par les médias, il devient de plus en plus important d’être capable de relever les défis de manière active et responsable et de résoudre de manière créative des problèmes inconnus en échange avec les autres. 
  • Les découvertes et les questionnements de la pédagogie, de la neurobiologie et de la psychologie nous amènent à rassembler dans ce document nos propres réflexions, expériences et idées pour la création d’un lieu d’apprentissage holistique au Grand-Duché de Luxembourg. Le résultat est un concept qui, basé également sur les résultats de la nouvelle pédagogie et de la neurobiologie, s’intègre dans notre région et dans les développements sociaux et les conditions de vie actuels.
  • Il est fort possible que les gens ne saisissent pas immédiatement les qualités et les avantages de notre approche en raison de leur conscience spécifique, et surtout à cause de leur conditionnement de longue date par les idées traditionnelles sur l’apprentissage. Seul un examen approfondi de la critique scientifiquement fondée de la culture éducative dominante et de la recherche de pointe dans ce domaine, ainsi que des résultats concrets et à long terme de projets alternatifs (par exemple, de centres d’apprentissage, d’écoles indépendantes, d’écoles démocratiques) peut en faciliter la compréhension.   

 

  • Un aspect important de notre nouvelle définition de l’apprentissage et du développement est la renonciation constante à l’utilisation du terme « enfant ». Nous pensons que ce terme est affligé de trop de préjugés et de fausses idées sur le besoin d’éducation et l’immaturité pour avoir un sens dans ce contexte. C’est pourquoi nous utiliserons les termes « jeune » ou « apprenant » à sa place, ce dernier se référant bien sûr aussi aux adultes.
  • Nous supposons que l’homme est dès la naissance un être conçu pour l’exploration autonome, l’apprentissage ludique et la croissance physique-émotionnelle-mentale, qui a besoin d’affection et d’un environnement stimulant pour son développement sain.

– Par affection, nous entendons que d’autres personnes plus expérimentées l’apprécient, qu’elles l’acceptent tel qu’il est, mais aussi qu’elles le soutiennent dans son développement autodéterminé et l’aident dans les phases chaotiques. Cela ne veut pas dire qu’ils le façonnent en fonction de leurs propres objectifs ou de leur propre nature. Selon nous, l’accompagnement affectueux et patient du jeune va de pair avec la concentration sur la co-découverte et la promotion de ses talents, intérêts et besoins spécifiques, alors qu’on renonce à sa propre volonté éducative. Cette attitude est difficile à atteindre pour les adultes – en particulier pour le personnel ayant reçu une formation classique – car ils ont souvent pratiqué l’influence, l’instruction et l’évaluation des jeunes. Le soutien naturel, par contre, est beaucoup plus facile pour les personnes du même âge ou un peu plus âgés, c’est pourquoi nous préconisons des groupes d’apprentissage mixtes selon l’âge. Il ne faut pas confondre ici « groupe d’apprentissage » avec « classe scolaire » ou un groupe similaire ; il s’agit d’un groupe de jeunes qui se choisissent eux-mêmes, qui sont amicaux les uns envers les autres, qui poursuivent leurs activités dans un environnement commun et qui se stimulent souvent mutuellement. 

– Un environnement stimulant signifie qu’il existe diverses ressources et modèles qui catalysent les jeunes dans leur croissance, c’est-à-dire qui leur permettent de traduire constamment leur désir d’apprendre en nouvelles actions et expériences concrètes. Le lieu d’apprentissage qui convient à cette fin offre des salles dans lesquelles des projets scientifiques, artistiques, sportifs et artisanaux peuvent être réalisés, ainsi que des compagnons d’apprentissage qui peuvent aider à l’initiation de tels projets. La priorité dans la poursuite de toutes les activités est donnée au jeu (d’où « Ludus »). Celui-ci combine l’essai et l’erreur libre avec la sécurité croissante, sans être altéré par l’évaluation prématurée et l’orientation vers un résultat. Les compagnons d’apprentissage sont bien sûr aussi des apprenants eux-mêmes ; ils poursuivent parfois leurs propres intérêts dans le contexte du lieu d’apprentissage, stimulant ainsi les plus jeunes et organisant, à leur demande, des exposés et des cours correspondants.

 

  • Afin de faciliter la compréhension de notre approche, il est important pour nous à ce stade de distinguer encore plus clairement le lieu d’apprentissage du fonctionnement bien connu d’une école. En effet, l’activité de l’apprenant n’est pas influencée par un emploi du temps donné, ni par un curriculum et son évaluation régulière, ce qui ne signifie pas pour autant que le lieu d’apprentissage n’a pas de processus d’ordre ou de rétroaction. Pendant les heures d’ouverture du lieu d’apprentissage, ses visiteurs s’occupent de ce qui les fascine actuellement, aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Un enfant de quatre ans peut être obsédé par les livres d’images en ce moment, il se fait lire des histoires par des membres plus âgés du groupe et les raconte ensuite à ses poupées ou à ses amis du même âge. Un enfant de huit ans s’enthousiasme pour les avions, il recherche sur Internet des informations sur certains modèles, les reconstruit à partir de Lego, de Fischertechnik et de matériaux recyclés et en invente de nouveaux. Un enfant de dix ans s’intéresse à la gymnastique depuis un certain temps, passe (avec d’autres) des heures à s’étirer sur le tapis et à la barre fixe, et pratique le cyclisme, la culbute et l’appui tendu renversé. Une fille de treize ans, par contre, ne s’intéresse à rien pour le moment ; elle se couche silencieusement sur des canapés ou des tapis ou s’assoit sur la balançoire dans le jardin. De temps en temps, elle parle à un garçon du même âge. Elle passe par l’une des phases importantes de l’ennui qui sont nécessaires à l’orientation intérieure et qui mènent toujours à des impulsions créatives à un moment donné, à condition que les adultes n’exercent aucune pression — quoiqu’ils soient toujours disponibles pour des conseils.

La situation décrite ci-dessus correspond-elle à une attitude de « laisser-faire » ? Oui et non. Nous voulons donner aux jeunes la liberté et le temps dont ils ont besoin dans le monde difficile et complexe d’aujourd’hui pour découvrir qui ils sont, quelles sont leurs compétences et comment ils peuvent façonner positivement la société. Mais :

– Nous ne les laissons pas seuls; nous les soutenons avec nos propres idées, expériences et ressources et leur permettons d’établir des réseaux avec des personnes qui pourraient les inspirer ou les aider d’une autre manière. C’est nous qui décidons avec toutes les personnes concernées sous quelle forme cela se produit. 

– Nous respectons leurs compétences en communication et les encourageons en travaillant avec eux pour développer (et réviser continuellement) des règles et des solutions qui permettent de vivre ensemble dans un environnement d’apprentissage non-violent et qui donnent à chacun la liberté dont il a besoin pour réaliser ses projets. Pour ce faire, nous utilisons des principes sociocratiques. La sociocratie est une forme d’organisation avec laquelle des organisations de différentes tailles – de la famille aux entreprises en passant par les ONG et l’État – peuvent systématiquement mettre en œuvre l’auto-organisation. Dans sa version moderne, il s’appuie sur les résultats de la théorie des systèmes. Son principal objectif est de garantir une limite inférieure pour la sécurité sociale en évitant structurellement d’ignorer les besoins. Les membres d’une organisation développent la coresponsabilité de l’intelligence collective tant pour le succès de l’organisation dans son ensemble que pour chaque individu.6 Cela renforce la participation active de chaque membre et optimise la prise de décision en intégrant différentes perspectives. Les processus qui se déroulent dans et entre les interlocuteurs au cours des réunions pertinentes sont en eux-mêmes un aspect important du potentiel d’apprentissage de Ludus. 

 

2. Mise en oeuvre

Dans ce chapitre, nous décrivons comment nous imaginons la mise en œuvre de ces idées de base dans la vie quotidienne.

2.1 Formes d’apprentissage

Une personne s’intéresse à son environnement et commence dès le début de sa vie à le développer sur un parcours d’apprentissage individuel intrinsèquement motivé. Ainsi, les situations d’apprentissage et les offres correspondantes sur notre site d’apprentissage se développent à partir de situations quotidiennes authentiques. La structure ouverte du temps ainsi que les ressources matérielles et humaines du lieu d’apprentissage permettent au jeune un processus d’apprentissage individuel, flexible et vivant. 

2.1.1 Jeu(x)

 Outre les sports, les règles, les jeux de stratégie et de réflexion, le jeu libre occupe une place particulière dans notre lieu d’apprentissage, car il joue un rôle important dans la vie d’un jeune. En fait, il contient tous les éléments nécessaires au processus de reconnaissance de son environnement : dans le jeu libre, le jeune peut explorer des idées, traiter des pensées, acquérir des expériences corporelles et matérielles importantes et apprendre à adopter différentes perspectives. 

2.1.2 Formes sociales et coopératives d’apprentissage

Les gens ont toujours appris les uns des autres d’une manière naturelle dans des groupes d’âge différents. C’est pourquoi des jeunes d’âges différents passent leur journée ensemble dans notre centre d’apprentissage. Ils se soutiennent mutuellement dans leur processus d’apprentissage individuel. Chacun apporte ses forces là où quelqu’un d’autre peut les utiliser.

Les interactions naturelles et quotidiennes entre toutes les personnes présentes contribuent également au fait qu’elles s’inspirent les unes les autres et décident et réalisent ensemble des projets axés sur les objectifs et les produits. Si nécessaire, des compagnons d’apprentissage sont disponibles pour le soutien des projets et des processus.

2.1.3 Travail indépendant avec des ressources matérielles

L’environnement du lieu d’apprentissage est préparé en ce sens que l’espace disponible est divisé en différents domaines thématiques avec le matériel correspondant. Les ressources matérielles, qui comprennent à la fois du matériel didactique et du matériel de tous les jours, permettent aux jeunes de travailler de manière autonome. Ils sont libres de choisir avec qui ils veulent travailler et pour combien de temps. Ce type d’apprentissage les met au défi de défendre leurs propres intérêts et de développer leur propre initiative. Ils apprennent à prendre des décisions, à assumer la responsabilité de leurs propres actions, du matériel et de leurs propres solutions.

Un accent particulier est mis sur les matériels didactiques qui offrent la possibilité de comprendre les régularités et les contenus, d’évaluer soi-même ses aptitudes (systèmes d’auto-correction) ainsi que d’être utilisés à différents niveaux de cognition. 

A leur demande, des compagnons d’apprentissage peuvent accompagner les jeunes dans l’exploration du matériel et, si nécessaire, clarifier avec eux de quel matériel supplémentaire ils ont besoin pour certains projets, et comment ils peuvent l’obtenir.

2.1.4 Offres  

Le gestionnaire d’une offre tente de transmettre certains contenus d’un sujet ou certaines compétences à d’autres personnes et décide lui-même quelles méthodes lui conviennent. Une offre peut prendre la forme, par exemple, d’un cours de sport, d’instrument, d’orthographe, d’arithmétique de base ou de crochet ou d’une introduction à un certain sujet (par exemple Minecraft, la Seconde Guerre mondiale, l’Union européenne). Les offres peuvent être faites par des compagnons d’apprentissage, par des jeunes particulièrement versés dans un domaine ou par des experts externes. Elles peuvent avoir lieu une seule fois ou régulièrement. L’offrant décrit à l’avance ce qu’il veut transmettre et essaie d’adapter le contenu aux intérêts des participants avant et pendant le cours.

2.1.5 Expériences en dehors du lieu d’apprentissage

Les jeunes devraient également avoir la possibilité de connaître le monde plus large autour du lieu d’apprentissage. Par exemple, ils peuvent participer à la planification et à l’organisation d’excursions conjointes sur des sites culturels, à l’exploration d’espaces naturels et à la visite de diverses entreprises.  

Une autre façon d’apprendre à connaître la vie en dehors du lieu d’apprentissage est de faire un stage dans un domaine qui intéresse particulièrement le jeune. Il acquiert ainsi une meilleure compréhension de ce domaine et de la mise en réseau de notre société. Un stage peut également l’aider à développer ses propres idées professionnelles. Cela peut donc être motivant pour la poursuite de l’apprentissage dans ce domaine ou dans d’autres.

Les stages, ainsi que le fait de quitter le lieu d’apprentissage seul ou avec d’autres jeunes, sont possibles avec l’accord du jeune, de ses parents et de son compagnon d’apprentissage, ainsi qu’en fonction de la maturité du jeune. La maturité est évaluée par lui-même, ses parents et les compagnons d’apprentissage. 

2.1.6 Planification, réflexion et documentation de ses propres activités

Les jeunes ont l’occasion de réfléchir sur leurs processus d’apprentissage et de décrire à leurs prochains (autres jeunes, compagnons d’apprentissage, parents) de quoi ils veulent s’occuper actuellement et ce qui les intéresse. Les compagnons d’apprentissage guident les jeunes vers l’autoréflexion en décrivant les actions qu’ils peuvent observer et en leur demandant à intervalles réguliers ce qu’ils ont fait récemment sur le lieu d’apprentissage. Les jeunes ont également la possibilité de documenter leurs activités sous forme multimédia (dessins, photos, films et enregistrements sonores) afin qu’ils puissent s’en souvenir plus tard et en parler aux autres.

La documentation créée par les jeunes rend visible et transparent le contenu qu’ils apprennent. Les jeunes peuvent également s’en servir comme preuve vis-à-vis des contrôles réguliers de l’État au sein de leur famille.

2.2 Rôles des personnes impliquées

2.2.1 Les jeunes

Chaque jeune sur notre lieu d’apprentissage est un créateur de sa vie quotidienne. En matière de responsabilité personnelle et d’autodétermination, il utilise les formes d’apprentissage décrites ci-dessus afin de se développer personnellement dans les domaines qui l’intéressent. Il respecte les règles convenues d’un commun accord. 

2.2.2 Compagnons d’apprentissage adultes

Les compagnons d’apprentissage de notre centre d’apprentissage sont des modèles attentifs, authentiques, respectueux et dignes de confiance pour les jeunes. Dans un espace de proximité et de familiarité, ils accompagnent et soutiennent les jeunes autodéterminés dans leur vie affective, sociale et cognitive. 

Les compagnons d’apprentissage se réunissent à intervalles réguliers pour des concertations d’équipe et les utilisent pour la planification ainsi que pour la réflexion et l’échange sur la vie quotidienne sur le lieu d’apprentissage. Au besoin, les compagnons d’apprentissage peuvent demander l’aide d’un superviseur externe. Ils reçoivent également une formation continue régulière dans les domaines qui présentent un intérêt professionnel particulier pour eux. 

2.2.3 Parents et famille

Les parents ont droit à un échange régulier avec les compagnons d’apprentissage sur l’activité de leur enfant sur le lieu d’apprentissage.  Ils demandent un rendez-vous ou rencontrent le compagnon d’apprentissage à sa demande ou à celle du jeune.

Les parents et les autres membres de la famille sont également invités à visiter les lieux pour se faire une idée de la façon dont le concept est mis en œuvre. Avec leurs compétences et leurs expériences, les parents et les autres membres de la famille sont une source irremplaçable de diversité pour le lieu d’apprentissage. De cette façon, ils peuvent soutenir et aider à façonner le lieu d’apprentissage en fonction de leurs propres besoins et capacités. Ils peuvent, par exemple, produire du matériel, aider à la conception de festivals ou prendre en charge des activités/zones de travail sur le lieu même de l’apprentissage ou dans l’association qui le parraine (a.s.b.l.). Dans ce dernier cas, il est recommandé de visiter le lieu d’apprentissage avant sa propre activité, ainsi que de participer à une discussion de réflexion avec un compagnon d’apprentissage ou un membre de l’association de soutien sur ses propres vues et actions pédagogiques.

2.3 Domaines et environnement d’apprentissage

Les jeunes passent une certaine partie de leur vie sur le lieu d’apprentissage. C’est pourquoi nous voulons que cet endroit fasse partie intégrante de leur monde. L’environnement préparé et sûr de notre lieu d’apprentissage offre aux jeunes une variété d’opportunités de s’épanouir individuellement. Il est aussi de plus en plus développé par les jeunes eux-mêmes. Afin de maintenir un environnement détendu, des accords communs (restrictions éventuelles en fonction de la compétence, de la maturité, de la durée d’utilisation) sont conclus en ce qui concerne la manipulation de certains équipements.

Les domaines d’apprentissage avec lesquels les jeunes entrent en contact sur notre site d’apprentissage sont ceux de leur vie quotidienne. Étant donné qu’ils sont interconnectés, il est dans la plupart des cas difficile et même superflu de les traiter individuellement dans la pratique. Néanmoins, nous les présentons ici brièvement et individuellement afin de faire ressortir la contribution que nous pouvons apporter dans chacun de ces domaines. Les domaines présentés se recoupent dans une large mesure avec ceux du plan d’études de l’école fondamentale luxembourgeoise, ce qui simplifie également la documentation volontaire des apprentissages pour les contrôles réguliers de l’Etat au sein de la famille du jeune (cf. 2.1.6.)

2.3.1 Vie et société

  • Vie communautaire

La vie sur notre lieu d’apprentissage se caractérise par la poursuite autodéterminée, par chaque jeune, de ses propres intérêts, ainsi que par la mixité des âges dans le groupe. Cela signifie que ses propres intérêts peuvent entrer en conflit avec ceux des autres et que les gens peuvent être en désaccord lorsqu’ils planifient, réalisent ou réfléchissent à une activité commune. Sur notre lieu d’apprentissage, nous voulons donner aux jeunes l’espace nécessaire pour gérer eux-mêmes les conflits. Lorsque cela est souhaitable ou nécessaire, un adulte accompagne ce processus. Pour nous, soutenir la résolution d’un conflit signifie veiller à ce que toutes les personnes impliquées puissent exprimer leur point de vue, leurs sentiments et leurs besoins et trouver leurs propres solutions. Ils apprennent ainsi à adopter des points de vue différents, à faire preuve de considération envers les autres, à s’entraider et à faire les choses ensemble. Les jeunes ont également la possibilité de se donner leurs propres règles communes lors des réunions régulières et de les adapter si nécessaire.

En résumé, cela signifie apprendre à assumer différents rôles et responsabilités pour son propre bien-être et celui de la communauté en s’engageant de façon critique dans les observations et en exprimant ses propres réflexions. Les jeunes font l’expérience de la façon dont les liens sociaux, les dépendances sociales, les possibilités d’influence et de changement se sentent et expérimentent/développent leur propre personnalité. Ils apprennent aussi à assumer la responsabilité de la communauté en prenant en charge d’importants services tels que la cuisine, les courses et le nettoyage.

Les adultes servent également de modèles dans ce domaine. Ils utilisent la méthode de prise de décision sociocratique, dans laquelle il n’y a pas de perdants par rapport au vote à la majorité démocratique, et ils initient également les jeunes à cette forme de décision.

  • Actualité et histoire

L’actualité dans le voisinage immédiat du lieu d’apprentissage, dans le pays et dans le monde soulève des questions chez les jeunes et ils cherchent des réponses à ces questions. Une grande partie de ce qui se passe aujourd’hui a une raison historique, et l’histoire de l’humanité a laissé des traces dans de nombreux endroits que l’on rencontre dans la vie quotidienne. Les tuteurs sont disponibles pour répondre aux questions à ce sujet. Sur le lieu d’apprentissage, il y a également divers médias sur l’histoire humaine ainsi qu’un accès à des médias d’information adaptés à l’âge des élèves.

  • Religions et visions du monde

Notre lieu d’apprentissage est neutre sur le plan religieux. Si les jeunes sont intéressés, un échange sur les différentes religions, philosophies et visions du monde est possible sur le lieu d’apprentissage. Les compagnons d’apprentissage réagissent aux questions des jeunes humains sur le « comment » et le « pourquoi » dans les rondes philosophiques et les discussions ouvertes avec d’autres questions. Ils attirent l’attention des jeunes sur le fait qu’ils sont autodéterminés dans leur vision du monde. 

2.3.2 Langues

Si les conditions physiques appropriées, la nécessité ainsi qu’un environnement linguistique stimulant existent, chacun apprend sa langue maternelle dès la naissance.

L’oral et l’écrit ont la fonction de communiquer. On apprend les deux compétences lorsqu’on ressent le besoin de communiquer dans une situation authentique.

Sur notre site d’apprentissage, les jeunes apprennent de nouvelles langues de la même manière et par besoin similaire à leur langue maternelle. Ils veulent aussi communiquer en contact avec des gens qui parlent d’autres langues, être compris par eux et les comprendre. Dans l’environnement linguistique stimulant et multilingue du Luxembourg, ils ont la possibilité et, selon toute probabilité, la nécessité de communiquer avec des jeunes et des personnes âgées parlant d’autres langues. Lors de l’acquisition d’une seconde langue, ils peuvent bénéficier de la compétence en langue maternelle des autres personnes présentes sur le lieu d’apprentissage. Le besoin de communication dans l’environnement quotidien du lieu d’apprentissage est une forte motivation pour apprendre à parler une langue : parler, raconter, papoter, négocier un conflit, présenter son propre point de vue, argumenter objectivement, montrer et décrire des produits et des résultats, transmettre des découvertes et des expériences aux autres, chanter ensemble….. Parler une nouvelle langue va de pair avec l’amélioration de la compréhension orale. 

L’importance de l’écriture d’une langue pour le jeune dépend de ce qu’il veut en faire. L’écriture a pour fonction de capturer et de structurer les pensées, de dire quelque chose à quelqu’un, de publier quelque chose ou simplement d’aimer écrire. La joie d’écrire est souvent découverte par les jeunes après qu’ils ont reconnu la fonction de l’écriture et qu’ils s’y intéressent. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on observe des adultes en train de lire à haute voix et lorsqu’on a affaire à des livres et à des magazines. Sur notre lieu d’apprentissage, on peut trouver une sélection de lectures multilingues adaptées à tout âge (textes lyriques, romans pour enfants et jeunes, satires, ballades, contes de fées, fables, légendes et contes, non-fiction), qui peuvent toujours être complétées en rapport avec les intérêts respectifs des jeunes présents.

Lorsque les jeunes publient leurs textes, ils découvrent qu’un texte est plus facile à comprendre pour le lecteur lorsque son orthographe est correcte, et, à l’aide d’un compagnon d’apprentissage ou de divers instruments de correction, ils développent alors leurs propres compétences dans ce domaine.

2.3.3 Réflexion logique et mathématique

Les structures mathématiques se retrouvent partout dans la vie quotidienne. Les jeunes les découvrent souvent par eux-mêmes et s’émerveillent devant elles. Ils se posent des questions sur les nombres et les calculs, les tailles et les quantités, ainsi que sur les structures géométriques dans leur vie quotidienne. Dans leur vie, ils sont régulièrement confrontés à des situations difficiles qu’ils veulent maîtriser. De telles situations surviennent sur notre lieu d’apprentissage, par exemple dans le sport, dans les activités artisanales (bâtir et construire), dans la vente de nos propres produits, ainsi que dans les achats communs et la cuisine.

2.3.4 Sciences exactes et naturelles

La nature offre un espace pour diverses expériences et idées. Il est important pour nous qu’autour du lieu d’apprentissage (environnement direct, bois, prairies, ruisseaux et étangs à proximité), les jeunes puissent faire l’expérience de la nature, car le contact avec elle n’est pas exclusivement transmis par les manuels scolaires, mais s’intensifie avec l’expérience et l’observation. Ils devraient être capables d’expérimenter et de comprendre les lois, les connexions et les cycles de la nature. Fréquenter les éléments naturels et les êtres vivants leur permet de se percevoir comme faisant partie de la nature. Ils ont également la possibilité d’expérimenter et d’être créatifs avec des matériaux naturels, de jardiner et de transformer des produits naturels. Les jeunes peuvent ainsi faire l’expérience de la nature comme un espace à protéger et essentiel à la vie et apprendre à traiter les ressources naturelles de manière respectueuse et durable.

En outre, les jeunes ont accès à du matériel et à des médias sur divers sujets scientifiques qu’ils peuvent traiter de manière autonome. Il s’agit notamment de livres documentaires sur une grande variété de sujets, ainsi que de divers modèles (p. ex., squelette, organes, système solaire) et de coffres d’activités thématiques (p. ex., magnétisme, électricité). Mais avant tout, les jeunes sont encouragés à explorer leurs propres questions.

2.3.5 Activité physique et santé

Le mouvement est une partie élémentaire de la vie humaine. La mobilité crée l’indépendance et l’autonomie. Pour nous, il est important de permettre aux jeunes de poursuivre à tout moment leur besoin authentique de mouvement et de garantir le développement libre et sans entrave de leur mouvement. Dans le jeu libre, dans les jeux sportifs et dans les différents arts du mouvement (par exemple le cirque et la danse), la force, l’endurance, la coordination, la réaction et les aptitudes sociales sont développées et constituent ainsi la pierre angulaire pour un plaisir durable du mouvement et pour le bien-être physique et psychologique qui y est associé. Nous attachons une importance particulière à l’initiative et à la créativité des jeunes dans le domaine du mouvement : expérimenter, modifier et inventer des jeux et des séquences de mouvements contribue de manière significative à leur plaisir du mouvement.

2.3.6 Arts

Une grande partie de notre identité propre se développe à partir de la confrontation avec la culture qui nous entoure dans le domaine esthétique et musical. Les jeunes, grâce à leur propre intérêt et grâce à l’environnement préparé dans notre lieu d’apprentissage, peuvent apprendre à connaître la diversité des cultures humaines et leurs expressions et en pratiquer une sélection eux-mêmes. 

Dans le domaine de l’art, de nombreux supports sont à la disposition des jeunes. Les compagnons d’apprentissage leur montrent différentes techniques de travail si nécessaire. En fonction de l’âge défini en commun, on peut travailler avec de nouveaux médias (p. ex. la production de photos et de films). Sur le lieu d’apprentissage, les jeunes trouvent aussi de la documentation sur les artistes et les époques de l’art. En outre, ils peuvent visiter des musées, des expositions ou d’autres installations. Une production de certains objets d’art pour vente ultérieure est également possible.

Les domaines de l’art, du théâtre et de la musique sont liés par le jeu du spectacle vivant. De cette façon, les jeunes peuvent produire eux-mêmes des photos, de la musique, des films, des costumes et des accessoires pour une éventuelle représentation.

Les jeunes ont leurs propres préférences dans le domaine de la musique. Sur le lieu d’apprentissage, ils devraient avoir la possibilité de poursuivre leur apprentissage, d’expérimenter et de développer la musique en tant qu’individu. Cela inclut la musique avec sa propre voix et son propre corps ainsi qu’avec différents matériaux. Ils doivent pouvoir connaître les chansons, mais aussi les styles de musique et les instruments qui leur sont encore inconnus, en tenant compte des préférences des autres et en s’informant sur les styles de musique et l’histoire musicale à l’aide de la documentation. Il est également possible d’assister à des concerts et de rencontrer des musiciens. Les jeunes peuvent rendre le lieu d’apprentissage encore plus vivant avec leurs propres contributions musicales.

2.3.7 Médias et informatique

Nous vivons actuellement un changement social fondamental dans tous les domaines de la vie humaine avec une médiatisation, une informatisation et une robotisation croissantes. D’une part, ce changement a une grande valeur ajoutée pour nous, humains, parce qu’il nous permet d’être informés de ce qui se passe dans le monde, et parce que nous n’avons plus à accomplir nous-mêmes diverses tâches monotones. D’autre part, elle exige également l’apprentissage d’un maniement compétent de l’information et des outils informatiques. Les compagnons d’apprentissage du lieu d’apprentissage sont conscients de leur responsabilité dans ce domaine et accompagnent les jeunes en fonction de leur âge avec plus ou moins de règles et d’assistance. Les nouveaux médias peuvent ajouter une dimension importante à l’apprentissage des jeunes et représentent donc une grande opportunité. L’accès aux pages d’information, aux applications et à d’autres outils est cependant assuré par le compagnon d’apprentissage en fonction de la maturité et de la responsabilité personnelle du jeune. 

Les modalités de l’utilisation des médias sur le lieu d’apprentissage (par exemple les contenus, les délais) devrait être un sujet de réflexion et d’échange réguliers pour toutes les personnes concernées.

3. Références

1 John Holt, Wie kleine Kinder schlau werden, Weltbild Verlag, Augsburg 2008, p.193

2 Peter Gray, Libre pour apprendre, Domaine du Possible, Paris 2016, p.304  

3 Joachim-Ernst Berendt, Nada Brahma, rororo-Verlag, Reinbek bei Hamburg 1992, p.12

4 Maria Montessori, dans: Ralf Laging et al., Altersgemischtes Lernen. sujet prioritaire dans: Die Grundschulzeitschrift, volume 84 (mai 1995), p.10

5 Daniel Greenberg, Endlich frei!, Arbor Verlag, Freiamt 2014, p.90

6 Wikipedia

7 Jerry Mintz, No Homework and Recess All Day, Bravura Books, New York 2003, p.43

8 Peter Gray, loc. sit., p.226